Grève des infirmiers : le malaise vient de loin

08 novembre 2016

Des milliers d'infirmiers et d'aides-soignants ont défilé à Paris aujourd'hui en même temps que leurs collègues faisaient grève pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail qu'il s'agisse du secteur public ou privé. Fait rare, le secteur libéral était aussi dans la rue pour réclamer l'ouverture de négociations conventionnelles.

Alors même que la Ministre de la santé fait adopter par la majorité le projet de loi de financement de la sécurité sociale qui prétend au retour à l'équilibre des comptes sociaux, ces professions protestent contre la purge budgétaire de plus de 3 milliards infligée à l'hôpital.

Le malaise vient de loin. L'application des 35 heures a été particulièrement déstabilisante pour l'hôpital qui n'a pas pu recruter en proportion de la réduction du temps de travail.

La suppression des jours de carence a par ailleurs relancé l'absentéisme, faisant peser la charge du remplacement sur les personnels qui, par épuisement, sont à leur tour contraints au congé maladie: un cycle infernal.

De plus, ces dernières années, la bureaucratie s'est considérablement accrue. Toutes sortes d'instances ont fleuri qui mobilisent les personnels à des tâches administratives et les détournent de ce qui est le cœur de leur métier, le soin aux malades.

Enfin, dans le secteur des urgences, le manque de médecins généralistes qui conduit toujours plus de patients dans ces services, ajouté aux agressions qui connaissent une hausse préoccupante constituent un problème spécifique.

Il faut entendre la souffrance de ces personnels auxquels les Français sont profondément attachés et dont le travail dévoué est essentiel au bon fonctionnement de l'hôpital.

Annie GENEVARD
Porte-parole des Républicains
Députée du Doubs